Anthropic a ouvert le 7 juillet 2026 son espace de travail agentique Claude Cowork au web et au mobile, alors qu'il n'existait jusqu'ici que sous forme d'application de bureau lancée en janvier. Le déploiement, encore en bêta, débute avec les abonnés Max, avant une extension progressive aux offres Pro, Team et Enterprise « dans les prochaines semaines », précise le laboratoire. L'enjeu : détacher l'agent de l'ordinateur pour en faire un collaborateur disponible partout, y compris capot fermé.

Un agent qui travaille pendant que vous partez en réunion

Cowork n'est pas un chatbot : on lui confie une tâche, et il agit à travers vos fichiers, votre agenda, vos e-mails, vos messageries et le web via les connecteurs que vous branchez, jusqu'à ce que le travail soit terminé. Le passage au web et au mobile ajoute surtout de la continuité. Selon Anthropic, on peut lancer une tâche depuis son bureau, en suivre l'avancement sur son téléphone, puis récupérer le résultat n'importe où. Les traitements continuent en arrière-plan une fois le portable fermé, et les tâches planifiées s'exécutent désormais sans qu'aucun appareil ne soit connecté — un rapport client préparé à 6 h du matin à partir des e-mails et des transcriptions, par exemple. Quand Claude bute sur une décision qui n'appartient qu'à l'utilisateur, il pose la question directement sur le mobile.

L'accès web se fait depuis l'écran d'accueil de claude.ai, le mobile via la barre latérale de l'application iOS et Android. Le bureau, lui, reste « l'endroit du travail en profondeur » : il conserve l'accès exclusif aux fichiers locaux et au navigateur, absents des versions web et mobile. Pour encourager les usages, Anthropic double les limites d'utilisation de Cowork jusqu'au 5 août.

Le « travail autour du travail », pas le code

Anthropic accompagne le lancement de données d'usage tirées de 1,2 million de sessions anonymisées issues de plus de 600 000 organisations (mai 2026). Enseignement principal : plus de 90 % de l'activité n'est pas du développement logiciel. La première catégorie est l'exploitation des processus métier (33,4 %) — consolider des mises à jour éparses dans un rapport, bâtir des checklists d'onboarding, réconcilier des tableurs —, suivie de la création de contenu (16,4 %). Le code ne pèse que 8,7 %.

La composition de cet usage tient dans une grille de cent cases : le « travail autour du travail » la remplit presque entièrement, le développement logiciel n'en occupe qu'un îlot.

Sur 100 sessions de Claude Cowork, 9 seulement relèvent du développement logiciel ; la bureautique en remplit la moitié.

Sur 100 sessions, 9 seulement écrivent du code. Source : Anthropic — « How people are using Claude Cowork » (mai 2026).

Dans le détail, aucune tâche technique ne rivalise avec la bureautique : classées par poids, les treize familles d'usage placent le développement logiciel au troisième rang seulement, quasiment à égalité avec le DevOps (7 %). À elles deux, les catégories de tête — processus métier et création de contenu — pèsent près de la moitié de tout l'usage.

Classement des usages de Claude Cowork : le développement logiciel n'arrive qu'au troisième rang, à 8,7 %.

Part de chaque catégorie dans l'usage de Cowork. Source : Anthropic (mai 2026).

Ce recentrage sur le travail de bureau généraliste illustre une bataille qui se déplace au-delà des agents de codage. Il rapproche Cowork du terrain de Copilot Cowork, que Microsoft veut imposer comme « collègue de bureau » au sein de Microsoft 365, et du Codex d'OpenAI. Pour Anthropic, dont l'écosystème d'agents s'appuie sur des modèles comme Claude Sonnet 5, la victoire se jouera moins sur la qualité brute du modèle que sur « qui possède l'espace où le travail se fait ».


Note méthodo — Les deux visualisations reposent sur l'échantillon publié par Anthropic dans « How people are using Claude Cowork » : 1,2 million de sessions anonymisées et agrégées (11-31 mai 2026) issues de plus de 600 000 organisations, classées selon une taxonomie d'une vingtaine de catégories de travail. Le classement reprend les parts publiées catégorie par catégorie ; la gaufre regroupe toutes les familles autres que les processus métier, la création de contenu et le développement logiciel dans un poste « autres usages » (41,5 %), les cases étant arrondies à l'entier pour sommer à cent. L'échantillon ne couvre que trois semaines de mai 2026 et l'usage Cowork seul (hors Claude Code), et n'indique pas la répartition entre bureau, web et mobile.