Anthropic a fait machine arrière le jour même. Le 15 juin 2026, date prévue pour basculer l'usage automatisé du Claude Agent SDK vers une facturation à part adossée aux tarifs API, l'entreprise a finalement gelé le changement, épargnant à ses « power users » une envolée de coûts. « Rien ne change pour l'instant », a-t-elle indiqué, sans calendrier pour une version révisée.
Ce qui était prévu
Annoncé le 13 mai, le plan devait sortir l'usage programmatique de Claude — le Claude Agent SDK, la commande sans interface claude -p, les GitHub Actions de Claude Code et les applications tierces bâties sur le SDK — du pool d'usage des abonnements classiques. À la place, ces appels auraient puisé dans un crédit mensuel séparé, facturé au tarif API standard : environ 20 dollars pour l'offre Pro, 100 dollars pour Max 5x et jusqu'à 200 dollars pour les paliers les plus élevés, avec une surfacturation à l'usage au-delà.
Pour les utilisateurs intensifs, la note aurait grimpé sèchement. Un abonné Pro à 20 dollars par mois faisant tourner des agents en continu consommait, selon les estimations relayées par la presse spécialisée, l'équivalent de plusieurs centaines de dollars de compute API — un rapport de subvention que les forfaits n'avaient jamais été conçus pour absorber à grande échelle. Adossée aux tarifs API, la facturation au token aurait transféré ce coût réel directement sur ces profils, d'où la levée de boucliers qui a précédé le revirement, documentée par The New Stack.
Pourquoi reculer maintenant
Le contexte concurrentiel a pesé. Selon le Wall Street Journal cité par The Decoder, OpenAI envisage de fortes baisses de ses tarifs API : imposer au même moment une facturation à l'usage plus lourde aurait été un handicap commercial. S'ajoute la perspective d'une entrée en Bourse — Anthropic a déposé des documents en vue d'une IPO — où une vague de départs provoquée par un changement de facturation impopulaire aurait fragilisé la valorisation.
Le calcul de fond reste celui, structurel, du coût de l'inférence. Les entreprises « AI-pilled » dépensent déjà des sommes considérables en IA, jusqu'à 7 500 dollars par salarié et par mois, tandis que d'autres acteurs, à l'image des banques qui rationnent l'IA face à la facture, freinent. La facturation au token aurait aligné les revenus d'Anthropic sur ses coûts réels de compute ; en la suspendant, l'entreprise préserve l'attractivité de ses abonnements à court terme, en repoussant le moment où elle devra faire payer le vrai prix de l'agent autonome. Anthropic dit « travailler à une mise à jour du plan pour mieux accompagner la façon dont les utilisateurs construisent avec les abonnements Claude », sans date.