L'Artefact AI Film Festival, concours de courts-métrages réalisés avec l'intelligence artificielle générative, a ouvert les candidatures de sa troisième édition le 2 septembre 2026. Organisé par le cabinet de conseil en données et IA Artefact et le groupe de cinéma mk2, il confie cette année la présidence du jury à Olivier Nakache et Éric Tolédano (« Intouchables », « Hors normes »), annoncés en juin 2026.

Un cahier des charges qui impose la machine

Le règlement est strict. Les films ne dépassent pas 314 secondes et doivent recourir à au moins un outil d'IA générative à chacune des phases de fabrication (pré-production, production, post-production). Chaque candidat joint un journal de production, une « recette » qui liste les logiciels employés et une partie des prompts. L'organisateur dit s'en servir pour vérifier le respect des règles et de la propriété intellectuelle.

Le concours distribue un Grand Prix de 10 000 euros, un prix du jury et un prix du public dotés de 1 000 euros chacun, et un prix « Best Use of AI » également de 1 000 euros. Les candidatures courent jusqu'au 2 décembre 2026, le vote en ligne du public du 9 décembre au 13 janvier 2027, pour une cérémonie prévue en février 2027.

De Jeunet au duo d'« Intouchables »

Lancé en 2024 avec un jury présidé par Jean-Pierre Jeunet et le thème « Reality(ies) », le festival en est à sa troisième saison. La deuxième, présidée par Cédric Klapisch, a réuni 265 candidatures dont 223 films venus de 52 pays ; son Grand Prix est allé en février 2026 à « The Cinema that Never Was » de Mark Wachholz. Artefact, cabinet qui revendique 2 500 experts, et mk2, qui compte environ 7 millions de spectateurs par an dans ses salles, présentent l'opération comme un moyen d'abaisser les barrières d'entrée de la création audiovisuelle. Leurs dirigeants répètent vouloir « stimuler, et non remplacer » les artistes.

L'argument ne clôt pas la controverse. L'IA générative dans le cinéma bute sur les droits d'auteur et le consentement des interprètes. L'Académie des Oscars a tranché en mai 2026 : seuls les rôles tenus par des humains, avec leur accord, et les scénarios écrits par des humains restent éligibles à ses récompenses, après avoir posé en 2025 que l'usage d'outils d'IA « ne favorise ni ne nuit » aux chances d'un film. En France, la polémique sur l'emploi a éclaté au festival d'Annecy en juin 2026, tandis que Google prenait une participation dans le studio A24 pour développer des outils destinés aux cinéastes. Un concours qui rend la machine obligatoire à chaque étape prend le chemin inverse de l'académie hollywoodienne.

Les lauréats de la troisième édition seront connus en février 2027.