Microsoft a clôturé son exercice 2026 sur un trimestre record, porté par une accélération d'Azure que la demande d'intelligence artificielle tire vers le haut. Le cloud du groupe a dépassé pour la première fois les 100 milliards de dollars de revenus annuels — un cap qui se paie néanmoins par une marge brute grignotée par les investissements dans les centres de données. Le marché, lui, a tranché : l'action a bondi.

Une croissance tirée par l'IA

Au quatrième trimestre clos fin juin, Microsoft a affiché un chiffre d'affaires de 90 milliards de dollars, en hausse de 18 %, pour un bénéfice net de 35,8 milliards et un BPA GAAP de 4,81 dollars, selon le communiqué financier du groupe. Le moteur reste Azure : la plateforme cloud a progressé de 43 % sur le trimestre et de 41 % sur l'année, franchissant les 100 milliards de dollars de revenus annuels. Le pôle Intelligent Cloud a bondi de 32 %, à 39,3 milliards.

La direction attribue explicitement cette dynamique à l'IA. Lors de la conférence aux analystes, elle a répété que « la demande continue de dépasser les capacités disponibles, en particulier dans l'infrastructure cloud et IA », et anticipe une croissance d'Azure autour de 45 % au trimestre suivant, d'après le compte rendu de l'appel. Côté applicatif, la brique Copilot revendique plus de 30 millions de sièges payants, signe que les revenus d'IA ne se limitent pas à la location de GPU — comme l'illustre aussi l'arrivée de clients tiers, dont Anthropic, sur les puces Nvidia hébergées dans Azure.

La rentabilité, marginalement rognée

Le revers est connu et assumé. La marge brute est retombée à 67 %, en léger recul sur un an, sous l'effet combiné du basculement du mix vers Azure — moins margé que le logiciel pur — et de « la poursuite des investissements dans l'infrastructure IA », détaille Microsoft. Ces investissements atteignent des sommets : 41 milliards de dollars de dépenses d'équipement sur le seul trimestre (+69 %), et 115,9 milliards sur l'exercice. Environ deux tiers de cet effort financent des actifs à durée de vie courte — GPU et CPU — qui pèsent vite sur les comptes.

C'est tout l'enjeu du pari en cours dans la tech : dépenser massivement aujourd'hui pour capter une demande d'IA supposée durable, au risque du surinvestissement dénoncé par les sceptiques de la « bulle », comme on l'a vu chez Google. La rentabilité opérationnelle de Microsoft, elle, tient bon, avec une marge d'exploitation proche de 45 %.

Le verdict boursier a été sans ambiguïté. L'action a gagné environ 8 % en séance décalée, puis s'est envolée à l'ouverture du lendemain, les investisseurs saluant une guidance solide et une croissance du cloud qui, pour l'heure, absorbe sans peine le poids des centres de données. Microsoft retrouve ainsi les faveurs d'un marché qui, quelques trimestres plus tôt, s'inquiétait du coût de sa course à l'IA.