OpenAI a lancé ChatGPT Work le 9 juillet 2026, une riposte frontale à Claude Cowork d'Anthropic, disponible depuis janvier. Ces deux « agents » IA ne se contentent plus de répondre : ils prennent une tâche, la découpent en étapes et rendent un livrable fini — tableur, présentation, rapport, tri de fichiers. Voici ce qui les distingue vraiment, plateforme par plateforme, avec les tarifs et les limites de sécurité à connaître avant de leur confier votre travail.

Deux agents, une même promesse

L'idée est identique de part et d'autre : vous décrivez un résultat attendu, l'agent va chercher l'information dans vos fichiers et vos applications, puis exécute le travail de façon autonome pendant que vous faites autre chose.

Côté OpenAI, ChatGPT Work « prend un objectif, rassemble l'information à travers vos applications et vos flux de travail, et reste sur des projets complexes pendant des heures en les découpant en étapes qu'il complète seul », selon la présentation officielle relayée par la presse. Il produit des documents, des feuilles de calcul, des présentations et même des applications web. Il repose sur GPT-5.6, le nouveau modèle d'OpenAI décliné en trois variantes : Sol (le plus puissant), Luna (optimisé pour la vitesse) et Terra (équilibre performance/efficacité pour l'usage courant).

Côté Anthropic, Claude Cowork « amène les capacités agentiques de Claude Code au travail de bureau au-delà du code » : vous décrivez un résultat, vous vous éloignez, et vous revenez à un travail terminé. Lancé mi-janvier 2026 comme aperçu de recherche réservé au bureau, il s'est depuis étendu au web et au mobile. Anthropic revendique un usage très majoritairement non technique : sur 1,2 million de sessions analysées, plus de 90 % ne concernent pas le code, mais des opérations métier (33,4 %) et de la création de contenu (16,4 %).

Ce qu'ils savent faire, côté métier et perso

Les cas d'usage se recoupent largement. Les deux outils excellent sur les tâches répétitives à faible valeur ajoutée mais chronophages.

En contexte professionnel, Anthropic met en avant trois scénarios sur sa page produit : le marketing (générer un deck hebdomadaire de métriques à partir des données de campagne), la vente (préparer une note de réunion en agrégeant CRM, e-mails, agenda et enregistrements d'appels) et le juridique (classer des documents de politique interne et repérer les écarts de conformité). ChatGPT Work vise le même terrain : construire un tableur de suivi, monter une présentation, rédiger un rapport à partir de sources éparses.

En usage personnel, la logique reste la même à plus petite échelle : trier et renommer des fichiers, compiler des informations dispersées, mettre en forme un document. La vraie différence n'est pas dans la nature des tâches, mais dans l'endurance : les deux agents sont conçus pour tenir plusieurs heures sur un projet, en enchaînant des sous-tâches sans intervention.

Sur ce point, Anthropic pousse plus loin l'autonomie : Cowork peut tourner sans surveillance selon des cadences programmées et traiter plusieurs tâches en parallèle. C'est une des ruptures apportées par son passage sur le web et le mobile, qui décorrèle l'agent de la machine de l'utilisateur.

Installation : Windows, macOS, Linux, smartphone

C'est là que les différences deviennent concrètes.

Claude Cowork est accessible via l'application de bureau (macOS et Windows), sur le web via claude.ai, et sur mobile (dernières versions iOS et Android). La page produit d'Anthropic mentionne aussi Linux et ChromeOS, mais la documentation de support ne cite explicitement que macOS et Windows côté bureau : le support Linux natif reste donc à confirmer selon les canaux. Les sessions s'exécutent dans un environnement isolé sur les serveurs d'Anthropic et persistent même quand vous fermez l'application.

ChatGPT Work est intégré à l'écosystème ChatGPT. Il a été déployé le 9 juillet sur le web et le mobile, et l'application de bureau mise à jour est disponible pour Mac et Windows, avec les modes Chat, Work et Codex accessibles sur tous les forfaits, y compris gratuit. Sous Linux, l'accès passe par le navigateur, comme pour Claude via le web.

En pratique : pour un poste de travail classique Windows ou Mac, les deux se valent en accessibilité. Pour un usage mobile-first ou multi-appareils, les deux sont désormais au rendez-vous — ce qui n'était pas le cas au premier semestre.

Sécurité et contrôle : le point sensible

Confier ses fichiers et ses accès à un agent autonome n'est pas anodin. Les deux éditeurs ont bâti des garde-fous, mais avec des limites.

Claude Cowork propose trois modes d'approbation : manuel (permission demandée pour chaque action), automatique (Claude s'autocontrôle) et « skip » (aucune vérification automatique). L'accès aux fichiers est restreint aux dossiers explicitement autorisés, et toute suppression exige une confirmation. Côté entreprise, on trouve des contrôles admin, la gestion des dépenses et un suivi d'activité via OpenTelemetry. Attention toutefois : selon plusieurs analyses, Cowork n'est pas certifié pour les données réglementées — exclu du BAA HIPAA, absent des journaux d'audit SOC 2, sans journalisation centralisée à sa disponibilité générale. À vérifier si votre secteur est contraint.

ChatGPT Work hérite des contrôles entreprise d'OpenAI : SCIM, chiffrement au repos et en transit, politiques de rétention personnalisées, contrôle d'accès par rôle, et surtout pas d'entraînement sur vos données professionnelles par défaut. Le niveau Enterprise ajoute vérification de domaine, analytique utilisateur et gestion des clés.

Dans les deux cas, la bonne pratique est identique : commencer en mode manuel, n'ouvrir que les dossiers strictement nécessaires, et ne jamais brancher un agent en mode autonome sur des données sensibles sans validation de votre équipe sécurité.

Tarifs : combien ça coûte

Les deux fonctionnalités sont incluses dans des forfaits payants existants, sans facturation à part.

Claude Cowork est réservé aux abonnés Pro (environ 20 $/mois), Max (environ 100 $/mois en 5×, 200 $/mois en 20×), Team et Enterprise. Le niveau gratuit n'y a pas accès. Les forfaits Enterprise ajoutent quotas personnalisés, fenêtres de contexte étendues et sécurité avancée (SSO, SCIM, journaux d'audit) sur devis.

ChatGPT Work suit la grille ChatGPT 2026 : gratuit, Go (8 $/mois), Plus (20 $/mois), Pro (jusqu'à 200 $/mois), Business (25-30 $/utilisateur/mois) et Enterprise sur devis. Le déploiement a commencé par les niveaux Pro, Enterprise et Edu, puis s'est étendu à Plus et Business. Fait notable : Chat, Work et Codex sont proposés sur tous les forfaits, y compris gratuit — même si l'accès aux modèles les plus puissants (Sol, Sol Pro) reste réservé aux paliers payants.

Alors, lequel choisir ?

Si vous êtes déjà dans l'écosystème OpenAI (ChatGPT au quotidien, Codex pour le développement), ChatGPT Work s'impose par continuité, avec un accès même en gratuit pour tester. Si vous cherchez l'automatisation la plus poussée — exécution programmée, tâches en parallèle, forte proportion d'usages métier réels — Claude Cowork est plus mûr sur l'autonomie, ayant six mois d'avance de terrain.

La vraie ligne de partage tient à la confiance : ces agents agissent sur vos fichiers et vos comptes. Pour des données réglementées, vérifiez les certifications (l'avantage penche ici vers les contrôles entreprise d'OpenAI). Cette bataille entre agents de bureau dépasse d'ailleurs le duo OpenAI/Anthropic : Microsoft avance aussi ses agents Copilot pour le bureau, signe que 2026 est bien l'année où l'IA cesse de conseiller pour se mettre à exécuter — un basculement que les études d'usage confirment.

Le meilleur choix, en réalité, est celui que vous testerez sur une vraie tâche fastidieuse cette semaine, en mode manuel, avant de lui lâcher la bride.