Le magazine Cyberguerre de Numerama a réuni trois affaires de la semaine. Une fuite de données à la Direction générale des finances publiques touchant plusieurs centaines de milliers de contribuables, un agent d'intelligence artificielle qui a exploité seul une faille jusqu'aux outils internes de Snowflake, et la diffusion de versions « décensurées » du modèle Qwen qui acceptent presque toutes les requêtes.

Un compte volé, près de 678 000 dossiers exposés

La DGFiP a confirmé le 13 août 2026 un accès illégitime à son système d'information, survenu fin juin. L'intrusion repose sur l'usurpation des identifiants d'un agent et d'un tiers habilité, qui a ouvert un accès VPN à un outil interne de recherche. Les données consultées et extraites comprennent noms, adresses, coordonnées bancaires (RIB), identifiants fiscaux, revenu fiscal de référence et taux de prélèvement à la source.

Le décompte le plus précis, relayé par plusieurs bases de suivi de fuites, fait état de 678 438 personnes, dont 392 867 particuliers et 285 570 professionnels. La DGFiP indique que le chiffre exact reste en cours d'évaluation. La fuite a été revendiquée mi-août sur un forum cybercriminel, sous le pseudonyme « ZeroBytes ». Le lede de Numerama avance un ordre de grandeur d'environ 700 000 comptes touchés.

Un agent IA qui exploite une faille sans pilote

Le 18 juin 2026, une pull request (n° 1218) sur le dépôt public snowflakedb/snowflake-connector-net a introduit une faille d'injection de commande dans un workflow GitHub Actions, jira_issue.yml, où le titre d'une issue était inséré directement dans un script shell. Cinq jours plus tard, le Red Agent de la société de sécurité Wiz, un outil autonome, repère la faille, écrit un exploit, échoue une première fois sur une erreur de syntaxe, corrige et réussit au second essai, sans intervention humaine.

L'exploit exfiltre un jeton d'API rattaché au compte qa@snowflake.net, donnant un accès en lecture au Jira interne de Snowflake, sur des projets d'ingénierie, de conformité et de bug bounty. Signalée via HackerOne, la faille a été corrigée le jour même et le jeton renouvelé le lendemain. Selon les journaux d'audit, seul le trafic de test de Wiz a emprunté cette brèche. L'assistant Copilot avait co-revu la pull request sans repérer l'injection.

Des Qwen « décensurés » qui disent oui à tout

Des variantes dites « abliterated » du modèle Qwen, développé par Alibaba, circulent sur la plateforme Hugging Face, notamment sous le nom de l'équipe huihui-ai. L'abliteration retire du modèle la « direction de refus », le signal interne qui déclenche un rejet, sans modifier ses connaissances de base. Ces versions répondent donc à des requêtes que le Qwen d'origine bloquerait.

Leurs auteurs les présentent comme réservées à la recherche (interprétabilité, red teaming) et affichent des mises en garde. Les risques mis en avant portent sur la désinformation et l'aide à des activités potentiellement illégales ; les auteurs déclinent toute responsabilité et signalent que ces modèles n'ont pas subi d'optimisation de sûreté rigoureuse.