À peine remise de l'épisode de fin juin, l'Europe de l'Ouest replonge dans la fournaise. À partir du 6 juillet 2026, une nouvelle vague de chaleur s'installe sur l'Espagne, le Portugal, la France et le Royaume-Uni, avec des températures de 10 à 15 °C au-dessus des moyennes de saison. Le thermomètre doit frôler les 40 °C dans le sud-ouest de la France et en Espagne, et grimper dans les bas 30 °C au Royaume-Uni. Surtout, les nuits tropicales — celles où le minimum ne descend pas sous 20 °C — font leur retour, privant les organismes du répit nocturne indispensable.
Une masse d'air brûlante bloquée sur le continent
Comme lors de l'épisode historique de juin, la mécanique est celle d'un dôme de chaleur : une remontée d'air chaud depuis le Maghreb, piégée sous une puissante crête de hautes pressions qui bloque les perturbations atlantiques. En France, l'indicateur thermique national doit repasser au-dessus du seuil de vague de chaleur (25,3 °C) dès le 6 juillet, sans réelle interruption avant la mi-juillet, avec un pic attendu vers le 10 : jusqu'à 40 °C dans le Sud-Ouest, plus de 35 °C à Paris et Nantes. Météo-France a placé plusieurs départements en vigilance orange. L'absence quasi totale de pluie aggrave une sécheresse déjà marquée et maintient un risque d'incendie très élevé, du pourtour méditerranéen jusqu'au Portugal.
Ces épisodes à répétition ne relèvent pas du hasard. L'analyse World Weather Attribution menée sur la canicule de juin a conclu qu'une telle intensité était « virtuellement impossible » sans le réchauffement d'origine humaine — le plus sévère jamais mesuré sur la zone étudiée. Depuis fin mai, des records de chaleur sont tombés dans plus d'une douzaine de pays européens, de l'Espagne aux Pays-Bas.
Un super typhon dans le Pacifique
À l'autre bout du globe, le nord-ouest du Pacifique affronte lui aussi une démesure météorologique. Le super typhon Bavi, troisième cyclone de catégorie 5 de l'année 2026, a touché terre les 5 et 6 juillet sur les îles Mariannes du Nord — Rota, Tinian, Saipan — et frôlé Guam. Après une intensification explosive (plus de 160 km/h gagnés en un peu plus d'une journée), ses vents ont culminé autour de 285 km/h, provoquant des dégâts « majeurs » sur ces territoires américains.
Là encore, l'océan surchauffé nourrit la bête : des eaux de surface à 29-30 °C et une chaleur accumulée en profondeur ont servi de carburant. Les climatologues rappellent que le réchauffement augmente la proportion de cyclones atteignant les catégories les plus violentes. Deux continents, un même signal : l'énergie supplémentaire emmagasinée dans l'atmosphère et les océans se traduit par des extrêmes plus fréquents et plus intenses.