Après avoir passé Claude (Anthropic) et ChatGPT (OpenAI) au banc d'essai, next.ink a soumis la famille Gemini de Google (versions 3.1 à 3.8) à la même série de prompts. Verdict chiffré, les derniers modèles reviennent à 1,2 centime la requête en moyenne, moins que leurs concurrents, mais Gemini bute encore sur des tâches où Claude et ChatGPT passent.

Moins de tokens, facture plus courte

Le test mesure deux choses distinctes : ce que chaque modèle facture au million de tokens, et combien de tokens il consomme réellement pour répondre. Gemini gagne sur les deux tableaux. Google affiche, jusqu'au 31 décembre 2026, 0,75 dollar le million de tokens en entrée et 3,75 dollars en sortie pour les versions 3.6 à 3.8 ; les tarifs publiés par Google montent à 1,50 / 9 dollars pour Gemini 3.5 Flash et redescendent à 0,25 / 1,50 dollar pour le 3.1 Flash Lite. Le 3.1 Pro, plus lourd, reste à 2 / 12 dollars sous 200 000 tokens, et double au-delà (4 / 18 dollars).

À ces tarifs déjà bas s'ajoute la sobriété du modèle, qui rédige ses réponses avec moins de tokens que la concurrence et tire la facture réelle vers le bas. C'est ce cumul qui donne la moyenne de 1,2 centime par requête relevée par next.ink sur les modèles récents. Une réserve de calendrier accompagne le chiffre. Google prévient que les tarifs des versions 3.6 à 3.8 doubleront au 1er janvier 2027.

L'efficience n'est pas la qualité

Le prix bas ne garantit pas la bonne réponse. Sur le prompt baptisé « Extension » — écrire une extension Chrome ou Firefox qui inverse titres et sous-titres d'un article —, Gemini échoue à produire un résultat fonctionnel là où ses rivaux réussissent. Pour ce test, next.ink a durci son protocole : la validation passe désormais par Playwright et Chromium, qui installent et exécutent réellement l'extension au lieu de juger le code sur pièce.

Cette faille de terrain contraste avec les classements de laboratoire, où Gemini domine. Sorti le 19 février 2026, Gemini 3.1 Pro est arrivé en tête de l'Intelligence Index d'Artificial Analysis, quatre points devant Claude Opus 4.6 pour moins de la moitié du coût d'exécution, avec 80,6 % sur le banc de codage SWE-bench Verified et la première place sur six des dix épreuves du classement. L'écart entre ces scores et l'échec sur « Extension » rappelle qu'un benchmark agrégé et une tâche de développement livrée clé en main ne mesurent pas la même chose.

Ce que dit la série

En trois volets (Claude, ChatGPT, Gemini), le banc d'essai de next.ink documente une course des labos où Google avance l'argument du rapport qualité-prix : des modèles moins chers au million de tokens, plus économes en sortie, et bien placés dans les classements publics. Le point faible tient à la régularité sur les prompts concrets. Le prochain jalon est déjà daté : au 1er janvier 2027, le tarif des Gemini 3.6 à 3.8 doublera, et l'écart de prix avec Claude et ChatGPT se resserrera d'autant.