Google a levé le péage sur l'une des fonctions les plus intimes de Gemini : la génération d'images IA « personnalisée » est désormais gratuite pour tous les utilisateurs éligibles aux États-Unis, alors qu'elle était jusqu'ici réservée aux abonnés payants Plus, Pro et Ultra. Le chatbot puise dans les données des applications Google connectées — Gmail, Google Photos, YouTube, Search — pour dessiner des images calées sur vos goûts, sans que vous ayez à les décrire. (TechCrunch, Android Authority)

Un moteur nourri à vos données Google

Concrètement, plus besoin d'écrire un prompt détaillé. Une demande comme « crée une illustration de moi et de mes choses préférées » suffit : Gemini complète les blancs à partir de ce qu'il déduit de vos habitudes, et peut même extraire de vraies photos de Google Photos sans téléchargement manuel (The Next Web). Sous le capot, la fonction combine le système « Personal Intelligence » de Google, le modèle d'image Nano Banana et Google Photos.

La fonction est ouverte aux utilisateurs de 13 ans et plus, mais l'édition d'images reste réservée aux 18 ans et plus. Les comptes gratuits disposent d'un quota limité avant de basculer sur le modèle Nano Banana standard, moins personnalisé (eWeek). Personal Intelligence reste un réglage à activer volontairement (opt-in) : une fois enclenché, il s'applique par défaut à chaque requête, mais un nouveau bouton dans le menu Outils permet de le couper.

Vie privée et concurrence : le pari de Google

L'ouverture pose une question directe de données personnelles. Brancher Gemini sur votre boîte mail, vos photos et votre historique de recherche approfondit nettement le lien entre l'IA et vos informations privées. Google assure ne pas entraîner directement ses modèles sur votre bibliothèque Google Photos, l'entraînement se limitant aux prompts saisis dans Gemini et aux réponses de l'IA (Gadget Review).

Les garde-fous géographiques trahissent la sensibilité du sujet : la connexion Google Photos–Gemini reste bloquée au Texas et dans l'Illinois, deux États dotés de lois strictes sur les données biométriques, et l'Europe est exclue du déploiement de Personal Intelligence, Google anticipant les frictions avec le RGPD et l'AI Act (Dataconomy).

La logique est stratégique. Face à ChatGPT d'OpenAI et à Apple Intelligence, Google mise sur ce qu'aucun rival ne possède : un graphe de données croisées entre Gmail, YouTube, Search et Photos. En rendant la fonction gratuite pour ses 750 millions d'utilisateurs mensuels, l'entreprise applique une recette éprouvée — élargir l'offre gratuite pour installer l'habitude, puis vendre aux gros utilisateurs des quotas et des fonctions premium (The Next Web). Une IA « qui vous connaît » devient alors un réflexe difficile à déloger pour la concurrence.