Pi, un agent de codage en ligne de commande publié sous licence MIT, vient de passer en version 1.0. Ce « harnais » fait travailler un modèle de langage directement dans le terminal, sans se lier à Anthropic ni à OpenAI. Next.ink le présente comme une alternative open source à Claude Code et Codex, compatible avec plus de 1 500 modèles et variantes.

Un « harnais », c'est quoi

Un grand modèle de langage ne sait que produire du texte. Pour qu'il modifie un projet, il lui faut une enveloppe logicielle : la boucle qui lui présente des outils, lui renvoie leurs résultats, gère le contexte de la conversation et contrôle ce qu'il a le droit de faire. Cette enveloppe est le harnais. Claude Code (Anthropic) et Codex (OpenAI) en sont deux, chacun attaché aux modèles de son éditeur.

Pi repose sur une thèse minimaliste : un agent de codage n'a besoin que de quatre outils (lire, écrire, modifier un fichier, lancer une commande shell) et d'une invite système de moins de 1 000 tokens. Tout le reste (gestion du contexte, « skills », thèmes, interface) est exposé comme composant remplaçable. L'idée revient à séparer proprement les deux morceaux d'un agent, le modèle d'un côté et le harnais de l'autre.

Ce que signifie « 1.0 »

La version 1.0 marque un premier palier stable, où le projet s'engage sur son interface et son comportement au-delà des itérations expérimentales. Elle arrive accompagnée de « Pi Durable », une brique de persistance des sessions, selon le site du projet. Pi s'utilise en quatre modes : interface interactive dans le terminal, sortie texte ou JSON pour les scripts, pilotage par un autre programme via l'entrée et la sortie standard, et SDK pour l'embarquer dans une autre application. Il charge un fichier AGENTS.md, mémorise ses sessions et demande une permission par type d'outil.

Pi est l'œuvre de Mario Zechner, auteur de la bibliothèque de jeu libGDX. En avril 2026, il a rejoint la société Earendil, fondée par Armin Ronacher (créateur du framework Python Flask), qui porte désormais le développement.

Plus de 1 500 modèles, aucun fournisseur imposé

C'est l'argument central : là où Claude Code impose Claude et Codex impose GPT, Pi laisse choisir. Le catalogue du projet agrège, selon sa documentation, plus de quinze fournisseurs (Anthropic, OpenAI, Google, Mistral, xAI, Groq, OpenRouter, Ollama en local, entre autres) pour plusieurs centaines de modèles. En comptant les variantes de chacun, Next.ink parvient au chiffre de 1 500. On peut s'y connecter avec un abonnement existant, dont ChatGPT Plus (via Codex), GitHub Copilot, Grok ou Claude Pro et Max.

Cette indépendance au fournisseur reste rare pour un agent de codage grand public ; elle rappelle l'intérêt de pouvoir inspecter et rebâtir les entrailles d'un tel outil, ce que le code source permet ici. Pi s'installe depuis le registre npm (@earendil-works/pi-coding-agent) et réclame Node.js 22.19 ou plus récent.