2026 est déjà, à elle seule, la pire année de feux jamais mesurée en France par satellite — et l'été est loin d'être fini. Au 25 juillet, le système européen EFFIS avait comptabilisé près de 69 500 hectares parcourus par les flammes depuis le 1ᵉʳ janvier, dépassant le précédent record national de 2022 (66 300 ha sur l'année entière). Sur son décompte opérationnel, plus large, le ministère de l'Intérieur avance même « près de 98 000 hectares ».
Un record battu, la saison à peine entamée
À la mi-juillet, EFFIS relevait déjà plus de 42 000 hectares, un niveau sans équivalent à cette date depuis vingt ans de relevés. Puis, fin juillet, le mégafeu qui a ravagé la Gironde et les Landes — à lui seul près de 33 000 hectares — a fait basculer le compteur au-dessus de 2022 en quelques jours, dans un massif de pin maritime dont le modèle productiviste est mis en cause. On est très loin de la moyenne annuelle de la période 2006-2024, de l'ordre de 10 000 hectares : 2026 la dépasse déjà d'un facteur sept.


La carte des feux, surtout, déborde du couloir méditerranéen historique. Cet été, la Drôme (4 400 ha), les Pyrénées-Orientales (5 000 ha), le Var (2 500 ha) mais aussi la forêt de Fontainebleau (2 200 ha) et, pour la première fois, le nord de la Bretagne ont été touchés. Trois sapeurs-pompiers ont perdu la vie depuis le début de l'été. Le pays vivait déjà, mi-juillet, sous la menace des flammes avec 27 départements en risque « élevé », et le Sud a payé le prix fort de la canicule.
L'Europe du Sud dans le rouge
La France n'est pas seule. Selon EFFIS, l'Espagne avait vu partir en fumée plus de 119 000 hectares cette année (0,24 % de son territoire), dont 26 000 hectares au nord de Madrid ; le Portugal près de 29 000 ha (0,32 %) et l'Italie plus de 36 000 ha. Rapportée à sa superficie, la France (0,08 %) reste en deçà de ses voisins ibériques — mais la tendance est la même partout. En 2025, l'Union européenne avait dépassé le million d'hectares brûlés, une première depuis le début des relevés EFFIS en 2006. Chaleur précoce, sécheresse des sols et végétation inflammable allongent la saison des feux et la poussent vers le nord.
Note méthodologique
EFFIS (programme Copernicus / Centre commun de recherche de l'UE) estime les surfaces brûlées par satellite : il ne retient que les feux de plus de 30 hectares et capte environ 95 % des surfaces réellement parcourues. Ses chiffres diffèrent donc des bilans opérationnels du ministère de l'Intérieur (base BDIFF, tous feux de végétation confondus) — d'où l'écart entre les ~69 500 ha d'EFFIS et les ~98 000 ha annoncés fin juillet. Le total 2026 est un cumul provisoire au 25 juillet, sur une saison encore ouverte ; la ligne repère du graphique correspond à la moyenne annuelle 2006-2024, et certaines valeurs annuelles sont arrondies. Sources : EFFIS/Copernicus, touteleurope.eu, franceinfo, sciencepost.fr, feuxdeforet.fr.