Poser une question de shopping au Mode IA de Google plutôt qu'à sa recherche habituelle reviendrait à payer plus cher. C'est le constat d'une étude publiée le 1er septembre 2026 par Hugo Huijer, fondateur de la plateforme de suivi de visibilité produit Productrise, et reprise en France par Futura-Sciences.

Sur une même requête lancée le même jour, le produit médian listé par le Mode IA valait 149 dollars, contre 100 dollars en recherche classique, soit 49 % de plus. Le jeu de données couvre plus de 100 000 requêtes et plus de deux millions de listes de produits, collectées aux États-Unis et au Royaume-Uni du 9 au 31 août 2026.

Barres comparant le prix médian des produits listés par Google en Mode IA (149 dollars) et en recherche classique (100 dollars), soit 49 pour cent de plus. Sur les produits identiques appariés, l'écart est de 21,6 pour cent.

Ce que mesure vraiment le +49 %

Le chiffre demande une lecture prudente. Les 149 et 100 dollars comparent le prix médian de l'ensemble des produits affichés sur chaque surface, pas le tarif d'un même article. Or les deux catalogues se recoupent peu : seuls 1,28 % des produits classés en recherche classique réapparaissaient dans le Mode IA pour la même requête. Le +49 % dit donc surtout que le Mode IA met en avant des articles plus chers, pas qu'il surfacture un produit donné.

La comparaison la plus directe porte sur les produits identiques présents des deux côtés. Là, le Mode IA restait 21,6 % plus cher en moyenne. Les prix divergeaient sur 38,1 % de ces produits appariés, et dans 68,4 % de ces cas de désaccord c'est le Mode IA qui affichait le tarif le plus élevé. Quand il était plus cher, l'écart médian atteignait 22,2 % ; quand il était moins cher, 7,8 %. Explication avancée par l'auteur : pour un même produit, le Mode IA a retenu un vendeur différent dans 49,6 % des cas.

La réponse de Google et les limites

Interrogé par les médias américains, dont Futurism et Digital Trends, Google répond que tous ses résultats commerciaux, Mode IA et page de recherche confondus, puisent dans la même base, son Shopping Graph, et que l'internaute peut cliquer sur une fiche pour comparer les prix chez les différents détaillants. L'entreprise ajoute ne pas avoir vérifié l'exactitude du rapport.

L'étude émane d'un acteur du référencement produit, pas d'un organisme indépendant, et l'appariement s'appuie sur les carrousels popular_products des pages de résultats. Les critères de sélection du Mode IA, eux, restent opaques : impossible de dire pourquoi l'outil privilégie tel vendeur ou tel article.

La question du conseil biaisé dépasse le shopping. En juin, la justice allemande a fait retirer les AI Overviews de certaines pages de Google, et une analyse a montré que les chatbots orientent mal vers les cliniques esthétiques, faute de sources fiables. Google n'a pas annoncé de correctif sur la sélection de prix du Mode IA.