L'incendie qui ravage la Gironde depuis le 22 juillet « sera long à combattre », a prévenu le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez dans une interview à « La Tribune dimanche ». Alors que le feu, parti de Saumos, a déjà parcouru quelque 42 000 hectares et provoqué l'évacuation de 220 000 personnes, le ministre a surtout écarté tout retour rapide des habitants : « Tant que le feu n'est pas fixé, il n'y aura pas de réintégration. »
Un feu « fixé peut repartir à tout moment »
Interrogé le 26 juillet, Laurent Nuñez a détaillé une bataille en trois temps : « Il faut le stabiliser, le stopper et le traiter. » Le ministre justifie sa prudence par la nature du terrain — le massif de pin maritime des Landes de Gascogne, la plus vaste forêt cultivée d'Europe : « On évolue dans des milieux avec énormément de végétation au sol : un incendie fixé peut repartir à tout moment. » D'où le refus d'annoncer une date de retour pour les 220 000 personnes chassées de la vingtaine de communes évacuées, de la presqu'île du Cap-Ferret à Cestas, en passant par Le Barp, Biganos et Mios.
Sur le terrain, la lutte reste exceptionnelle : environ 2 500 sapeurs-pompiers, une flotte aérienne renforcée et l'appui de militaires étaient toujours engagés. Emmanuel Macron a réuni une cellule interministérielle de crise le lundi 27 juillet, qualifiant le sinistre de situation la plus difficile depuis l'après-guerre — une référence au drame de 1949, resté le plus meurtrier de l'histoire des feux français. Aucun décès de civil n'était signalé, mais plusieurs dizaines de pompiers ont été blessés et des centaines de bâtiments touchés — dont, plus au sud, quelque 198 à Biscarrosse, dans les Landes.
115 000 hectares brûlés depuis janvier
Au-delà du seul foyer girondin, Laurent Nuñez a livré un bilan national alarmant : « 115 000 hectares » parcourus par les flammes depuis le début de l'année, avec « 30 à 40 départs de feux » par jour au plus fort de l'épisode. Le ministre a appelé à la vigilance contre « les feux accidentels, [les] jets de mégots, [les] barbecues et tout comportement à risque », rappelant que 146 personnes ont été interpellées depuis janvier pour des départs volontaires ou involontaires.
Face aux critiques récurrentes sur les capacités de lutte, il a assuré que les moyens étaient suffisants, tout en confirmant le renouvellement de la flotte : deux nouveaux Canadair sont attendus en 2028, deux autres en 2032. L'embrasement s'inscrit dans un contexte de canicule et de sécheresse historiques dans le Sud-Ouest, avec des sols desséchés et des températures proches de 40 °C. Six départements (Dordogne, Gironde, Landes, Lot-et-Garonne, Aveyron et Gard) ont été placés en alerte rouge à la pollution aux particules fines. Cette évacuation massive, l'une des plus importantes jamais organisées en France pour un feu de forêt, s'apparente à un exode climatique inédit. Le bilan reste provisoire.
Sources : franceinfo (interview de Laurent Nuñez à « La Tribune dimanche », 26 juillet 2026), préfecture de la Gironde, AFP.