Au 3 août 2026, le mégafeu parti de Saumos, en Gironde, est « fixé » après avoir parcouru 42 000 hectares, mais les autorités préviennent qu'il restera sous surveillance « au moins jusqu'aux pluies de l'hiver ». Dans le Var, le feu du Gros Bessillon ne progresse plus mais n'est toujours pas maîtrisé. Deux foyers qui résument un été de sécheresse et de chaleur extrêmes.

Gironde : un feu « fixé » n'est pas un feu éteint

Déclenché le 22 juillet à Saumos, l'incendie a brûlé 42 000 hectares de forêt et dessiné jusqu'à 240 kilomètres de lisières, un événement « inédit » en France selon la préfecture de la Gironde. Le feu est désormais « fixé » : son périmètre ne progresse plus. Mais fixé ne veut pas dire éteint. Des points chauds persistent sur le cordon dunaire sud de Lacanau et sur la presqu'île du Cap-Ferret, où les pompiers noient les fumerolles et sondent la profondeur du feu dans des terrains difficiles d'accès.

Selon franceinfo, quatre communes — Lacanau, Le Porge, Claouey et Lanton — restent exposées à un risque de reprise. « Je ne peux pas vous garantir que ce week-end sera fixé », prévenait le lieutenant-colonel Éric Pitault. Le sous-sol tourbeux de ces forêts peut couver pendant des semaines : d'où l'avertissement d'une vigilance étalée jusqu'aux précipitations hivernales.

Des moyens massifs, des retours progressifs

Au plus fort de la crise, quelque 3 300 sapeurs-pompiers ont été engagés, appuyés par 24 moyens aériens (dont un A400M), des gendarmes, des policiers et des militaires. Le bilan humain reste sans décès dans la population, mais plus de 330 pompiers blessés. Les évacuations ont été considérables : plus de 224 000 personnes déplacées préventivement, dont 208 000 autorisées à rentrer dès le 1er août. Les habitants de Lège-Cap-Ferret et du Porge, derniers évacués, ont pu regagner leur domicile à partir du lundi. « Notre ciel s'éclaircit mais nous redoublons d'efforts pour achever le travail », a résumé la préfète Sophie Brocas.

Var : le Gros Bessillon stabilisé, pas fixé

Dans le Var, l'incendie du Gros Bessillon, ravivé le 31 juillet, a parcouru environ 1 800 hectares supplémentaires et menacé les communes de Cotignac, Correns, Montfort-sur-Argens et Carcès. Au 2 août, le périmètre du feu n'évolue plus : les soldats du feu, plus de 2 000 mobilisés, traitent les lisières et les points chauds. Mais le brasier est jugé « stabilisé » et non « fixé ». Environ 2 500 personnes ont été évacuées. « On a gagné une bataille aujourd'hui, pas encore la guerre », a tempéré le patron du SDIS du Var.

Un été sous tension

Les pompiers l'ont martelé : la chaleur d'août commande la prudence. « Au mois d'août, il fera chaud, donc il va y avoir des reprises tous les jours », prévient un responsable. Après trois vagues de chaleur successives et une sécheresse installée, la combinaison vent–température–aridité rend chaque étincelle explosive. Ces mégafeux, qui déplacent des dizaines de milliers de personnes, s'inscrivent dans la trame plus large de l'été climatique de 2026, où le littoral aquitain et l'arrière-pays varois deviennent des zones à risque récurrent.