Vendredi 25 septembre, au stade Vélodrome de Marseille, huit responsables politiques ont débattu deux heures de l'intelligence artificielle, dans le cadre du salon Artificial Intelligence Marseille (AIM), dont c'était la quatrième édition. Diffusé de 12 heures à 14 heures sur BFMTV et Brut sous le titre « Le grand débat IA de la présidentielle », l'exercice se voulait la première confrontation des projets pour 2027 sur un thème que plusieurs partis disent « central ». Un seul candidat déclaré à l'élection avait fait le déplacement : Olivier Faure, premier secrétaire du PS.
Les autres partis ont envoyé leurs spécialistes du numérique. Manuel Bompard pour La France insoumise, Alexandre Loubet pour le Rassemblement national, Paul Midy pour Renaissance, François-Xavier Bellamy pour Les Républicains, Sarah Knafo pour Reconquête, David Cormand pour Les Écologistes, Laurent Marcangeli pour Horizons. L'affiche avait pourtant annoncé Jordan Bardella et Raphaël Glucksmann ; aucun des deux n'est venu. Xavier Bertrand et Dominique de Villepin, présidentiables sans candidature déclarée, complétaient le plateau, animé par Brigitte Boucher (BFMTV), Bruno Jeudy (La Tribune Dimanche) et Rémy Buisine (Brut).
Une souveraineté qui met tout le monde d'accord
Les sujets attendus ont défilé, de l'emploi à la régulation, en passant par la santé et l'éducation. Sur le fond, un point rassemblait presque tous les intervenants — la France et l'Europe doivent garder une souveraineté technologique pour ne pas dépendre des groupes américains et chinois. La formule fait consensus depuis le sommet de Paris de février 2025 ; elle laisse aux partis le soin de diverger ensuite sur le rôle de l'État, la régulation et les centres de données.
Manuel Bompard a renvoyé dos à dos « catastrophisme » et « enthousiasme aveugle », défendu l'investissement public et réclamé un moratoire sur certains centres de données jugés non souverains. Sarah Knafo a fait de l'IA « une révolution porteuse de menaces et d'opportunités immenses » et plaidé pour une large place au privé. David Cormand a ramené le débat vers la consommation d'eau et d'électricité des data centers. Peu de propositions chiffrées, beaucoup de principes.
Un sujet que l'on préfère déléguer
La désaffection des têtes d'affiche en dit plus que le débat lui-même. Depuis un an, chaque camp affiche l'IA comme un marqueur de campagne : Édouard Philippe en a fait un test pour 2027 à VivaTech, la « guerre de l'IA » s'est invitée dans les meetings de la gauche comme de la droite. Mais présenter un enjeu comme prioritaire et y déléguer un porte-parole sont deux choses. À Marseille, les partis ont voulu occuper le terrain sans y exposer leur candidat.
Restait Olivier Faure, engagé dans la primaire socialiste face à Raphaël Glucksmann, seul chef de file à défendre lui-même sa ligne. Le premier tour de la présidentielle est prévu en avril 2027 : aucun des favoris des sondages, Marine Le Pen et Jordan Bardella en tête, n'a débattu en personne de l'intelligence artificielle.
Voir aussi : La « guerre de l'IA » s'invite dans la campagne présidentielle, Édouard Philippe fait de l'IA un test pour 2027 et Olivier Faure entre en lice pour la primaire socialiste.