Meta a présenté Muse, un « agent IA personnel » censé lire vos mails, tenir votre agenda, réserver un voyage et payer à votre place. L'outil entre en bêta fermée, sur liste d'attente et codes d'invitation, d'abord aux États-Unis. Ce qui suit décrit ce que Meta annonce : aucune de ces capacités n'a été vérifiée par un tiers indépendant.

Ce que Muse promet de faire

Muse fonctionne en conversation, dans une application dédiée, sur le web (muse.ai), sur iOS et Android, et dans WhatsApp. On lui décrit une tâche, il « élabore un plan » et l'exécute seul : surveiller les messages entrants, ajouter des dates au calendrier, remplir un formulaire web, monter un panier d'achat, réserver un déplacement, vendre une voiture ou renégocier une facture. L'agent continue de travailler quand l'application est fermée et réclame une validation avant toute action irréversible, comme l'envoi d'un mail ou un paiement.

Les connexions se font service par service, via des API publiques ou la navigation web : messagerie (Gmail), agenda (Google Calendar), paiements, santé (Peloton, HealthEx), maison connectée, restauration, shopping. Sur l'accès bancaire mis en avant par les titres, le périmètre reste flou côté Meta : Muse pourrait se contenter de lire les relevés reçus par mail. Une carte est en revanche exigée dès l'inscription. Les paiements passent par Stripe Link, qui génère un numéro de carte à usage unique par achat, si bien que les vraies coordonnées bancaires n'atteignent pas le marchand.

La confiance comme premier obstacle

Meta décrit une architecture d'isolement : Muse tournerait dans une machine virtuelle dédiée (Muse Secure VM) avec son propre navigateur, surveillée par un agent tiers, Sentinel, censé valider chaque action avant qu'elle n'atteigne Internet. L'entreprise affirme que l'agent ne voit ni les mots de passe ni les moyens de paiement, que les données n'alimentent pas ses systèmes publicitaires, et qu'on peut refuser leur usage pour l'entraînement. Une version chiffrée (Muse Confidential VM) est promise plus tard.

Ces garanties reposent sur les seules déclarations de Meta : aucune certification ou audit externe n'est mentionné. Le groupe sollicite cet accès à la boîte mail et au portefeuille deux semaines après un accord à 18 milliards de dollars sur les dommages liés aux réseaux sociaux, et avec un passif connu (sanction de la FTC, Cambridge Analytica, mots de passe stockés en clair révélés en 2019). Les mêmes questions se posent d'ailleurs pour tout agent branché sur des données personnelles, que la CNIL commence à encadrer, et pour les autres assistants de Meta comme pour les agents d'Anthropic ou d'OpenAI.

Muse démarre gratuitement avec une limite d'usage, puis bascule sur deux offres payantes, Power (20 $, environ 17 €/mois) et Maximum (100 $, environ 85 €/mois). Aucune date n'est donnée pour une ouverture au-delà de la bêta américaine ni pour la publication d'un audit indépendant.