Lancé par Meta le 8 septembre 2026, Muse, un assistant personnel dopé à l'IA, a dépassé 2,5 millions de téléchargements en moins de deux semaines. Sur ses douze premiers jours, l'application a été installée environ 1,8 million de fois sur iPhone aux États-Unis et au Canada, contre 1,3 million pour ChatGPT sur la même période, selon les données citées par Ynetnews. Muse a grimpé en tête des classements de téléchargement et compte environ 359 000 utilisateurs actifs quotidiens sur iPhone dans ces deux pays. Le démarrage a tourné court. Le chercheur en sécurité Patrick Wardle a révélé une faille zero-day, et Amazon a coupé l'accès de Muse à sa plateforme d'e-commerce.

Une faille qui transforme le Mac en porte dérobée

Wardle, spécialiste de la sécurité macOS, a montré qu'une simple commande locale suffit à détourner Muse. Le procédé modifie un paramètre de configuration non documenté qui fixe l'adresse du serveur de transcription vocale. En redirigeant ce trafic vers un serveur qu'il contrôle, un attaquant récupère les commandes vocales et le jeton d'authentification du compte Muse de la victime, décrit Malwarebytes.

L'exploitation n'est pas à distance. Elle réclame d'abord une exécution de code sur la machine, par un logiciel malveillant ou de l'ingénierie sociale. Les permissions accordées à Muse en font toutefois une cible de valeur. L'assistant accède aux e-mails, à l'agenda, à WhatsApp et aux achats en ligne, ainsi qu'aux ressources protégées de macOS : fichiers, micro, caméra, localisation. Un agent compromis regroupe ces accès derrière une seule interface authentifiée. Wardle résume : « ils n'ont, à mon avis, pas pensé à la sécurité, ce qui est vraiment inquiétant ». Meta avait pourtant présenté Muse comme « conçu de A à Z pour la confidentialité et la sécurité ».

Amazon coupe l'accès

Treize jours après le lancement, Amazon a bloqué Muse de ses services. Le distributeur affirme n'avoir reçu aucune notification préalable de l'intégration et juge qu'un accès automatisé et persistant d'un agent IA viole ses conditions d'utilisation. Le blocage porte sur les achats effectués au nom de l'utilisateur sur la marketplace. Il place Muse sous les mêmes obligations que les applications tierces de livraison ou de réservation, celle d'agir ouvertement sans se faire passer pour l'utilisateur, rapporte Techdirt.

Le cas rappelle celui de Copilot, amené à livrer ses propres failles : là aussi, un paramètre non documenté ouvrait la porte à l'exfiltration des comptes connectés à l'assistant. Meta n'avait pas publié de correctif pour la faille de Muse au 24 septembre 2026.