Le mercredi 29 juillet 2026 est le jour du sommet. À Paris et Ivry-sur-Seine, la maximale attendue atteint 37,7 °C à Paris, 37,8 °C à Ivry, tard dans la journée, vers 18 h, sous un ciel entièrement dégagé de 6 h 20 à 21 h 33. Le fait du jour tient dans un écart : ce pic dépasse de douze degrés la normale de juillet à Paris-Montsouris (25,7 °C). Ce n'est plus la bascule d'hier — c'est le point culminant de la quatrième vague de chaleur de l'été, une valeur qui sort de la dispersion connue de la date. Et la nuit qui a précédé n'est pas descendue sous 20,4 °C à Paris : la capitale est déjà en nuit tropicale, et la prochaine sera pire.
L'épisode : un air brûlant et sec, jusqu'à ce que le vent tourne
La journée se lit d'un trait sur son météogramme. Partie d'un plancher déjà chaud — 19,8 °C à l'aube, soit +3,6 °C sur la normale des minimales (16,2 °C) —, la température s'envole sans le moindre nuage pour la freiner : 25 °C vers 10 h, 30 °C peu après midi, 35 °C vers 15 h, puis un pic de 37,8 °C vers 18 h à Ivry. Le soleil ne se couche qu'à 21 h 33 : la chaleur se maintient tard.
Deux traits distinguent cette journée d'un simple jour d'été. D'abord, l'air s'assèche à l'extrême l'après-midi : l'humidité relative retombe jusqu'à 15 % entre 16 et 18 h. Cet air desséché, combiné à la brise, fait un effet contre-intuitif : le ressenti passe sous la température de l'air — 35 °C au moment où le thermomètre marque 37,8 °C —, quand il la dépassait le matin, plus humide. Le corps, lui, n'y gagne rien : l'indice UV grimpe à 7 (niveau élevé), et un air à 38 °C reste un air à 38 °C. Ensuite, et c'est la signature du jour, le vent change de camp. Faible et d'est le matin (1 à 4 km/h), il forcit et bascule au sud-ouest en fin de journée, avec des rafales voisines de 31 km/h vers 18-19 h. Ce basculement n'est pas anodin : c'est le bord d'attaque de la perturbation qui, dès demain, fera retomber la chaleur.
Douze degrés au-dessus du climat — hors de la dispersion connue
Une valeur ne dit rien sans son passé. Les 37,7 °C prévus à Paris se situent +12,0 °C au-dessus de la normale de juillet (25,7 °C sur 1991-2020) ; rapportés à la seule climatologie du 29 juillet, reconstituée sur la réanalyse ERA5 au point de Paris (une maximale moyenne de 25,2 °C ce jour-là sur 1991-2025), l'anomalie grimpe à +12,5 °C. On est très loin du bruit d'un été ordinaire.
Un record se vérifie sur la série, il ne s'affirme pas. Dans les trente-cinq années d'ERA5 (1991-2025), le 29 juillet le plus chaud au point de Paris était celui de 2002, à 32,0 °C. La prévision du jour le dépasse de près de six degrés : la valeur d'aujourd'hui n'est pas au sommet du nuage historique, elle flotte bien au-dessus. La nuance de vocabulaire tient toujours : c'est un extrême pour la date, pas un record absolu — la station de Paris-Montsouris a connu 42,6 °C le 25 juillet 2019. Mais 37,8 °C un 29 juillet, cela ne s'était jamais vu dans la série : c'est la marque d'un été qui ne se contente plus de dépasser ses normales, il en dilate les extrêmes.
La semaine : aujourd'hui le sommet, puis la décrue en deux temps
Là où hier ouvrait la marche, aujourd'hui la clôt. Après ce mercredi à 37,8 °C, la prévision quotidienne dessine une décrue en deux temps : chute à 30,9 °C jeudi puis 27,6 °C vendredi, avec l'arrivée d'un talweg et de quelques averses ; un répit à 28,4 °C samedi ; enfin une brève rechute vers 32 °C dimanche 2 et lundi 3 août, avant un vrai reflux (26 °C) mardi.
Le plus révélateur n'est pourtant pas le pic de l'après-midi, mais le plancher de la nuit. La nuit la plus chaude n'est pas passée : c'est celle qui vient, du 29 au 30, avec une minimale prévue de 22,3 °C — bien au-dessus du seuil des nuits tropicales (minimale ≥ 20 °C). Une seconde nuit tropicale revient dès lundi 3 (22,3 °C). Or ce sont ces nuits sans repos, où le corps ne récupère pas de la chaleur du jour, qui pèsent le plus lourd sur la santé. C'est pourquoi une journée de pic isolée peut déjà relever de la canicule : l'intensité du jour et la chaleur de la nuit suffisent à faire basculer l'agglomération, quand bien même le critère formel des trois jours consécutifs reste, ici, à la limite (voir la note).
Le mécanisme : un dôme importé du sud, qu'une goutte froide vient rompre
Pourquoi ce sommet aujourd'hui ? Tout tient à l'origine de l'air. Une dorsale anticyclonique remonte depuis la péninsule Ibérique et enclenche une advection de sud : elle fait affluer vers la France l'air brûlant accumulé sur l'Espagne et le Maghreb — le moteur classique des canicules françaises. En son cœur, l'air subside, descend et se comprime, ce qui dissout les nuages : d'où ce ciel dégagé qui laisse le sol emmagasiner l'insolation d'une longue journée de fin juillet. Ce dôme n'est pas éternel : par l'ouest, un talweg d'altitude — la même mécanique de goutte froide que lors des épisodes précédents — glisse vers la région. Son bord d'attaque, c'est justement ce vent qui a tourné au sud-ouest et forci ce soir : demain, il fera chuter la maximale de sept degrés et amènera quelques averses. Le sommet et sa fin se lisent dans la même journée.
À l'échelle de la région, la carte du jour réserve une surprise. Au pic de l'après-midi, toute l'Île-de-France cuit entre 35 et 38 °C — et le point le plus chaud n'est pas le cœur de Paris, mais le sud : Fontainebleau et Nemours frôlent 38 °C, Melun et Étampes 37,9 °C, tandis que Paris et Ivry plafonnent à 37,7-37,8 °C et que le nord-est (Roissy, Meaux) reste un cran en dessous, autour de 35-37 °C. Ce n'est pas un îlot de chaleur urbain : c'est un dôme advectif, dont le maximum au sud trahit la provenance de l'air.
L'îlot de chaleur, lui, ne se réveille que la nuit. C'est alors que la géographie fine reprend ses droits : la minimale de la nuit prochaine dépasse 22 °C dans le cœur dense et le long du couloir de la Seine (Paris 22,0 °C, Ivry 22,2 °C, Créteil 22,2 °C, La Défense 21,2 °C), quand la grande couronne boisée retombe sous 18 °C (Coulommiers 17,5 °C, Rambouillet et Houdan 18,0 °C). Le cœur minéral de la ville, gorgé le jour de la chaleur emmagasinée par l'asphalte et la pierre, la restitue lentement la nuit, quand ciel dégagé et vent faible empêchent l'air de se brasser : Météo-France et l'APUR y mesurent, ces nuits-là, jusqu'à +4 à +8 °C par rapport à la campagne. Ivry-sur-Seine, posée sur la rive du fleuve, profite à peine de l'inertie thermique de la Seine — le couloir tempère les berges, sans la ramener sous le seuil tropical. Le jour, la chaleur est partout la même ; c'est la nuit qui sépare la ville du reste.
Note méthodologique
Prévision du jour et de la semaine. Valeurs horaires et quotidiennes issues d'Open-Meteo (modèle « best_match », résolution ≈ 11 km) au point d'Ivry-sur-Seine (48,81 °N, 2,39 °E), avec le point de Paris (48,86 °N, 2,35 °E) pour la maximale de référence, extraites le 29 juillet 2026. Une prévision est un modèle, pas une mesure : les valeurs pourront différer de quelques dixièmes des relevés des stations Météo-France (Paris-Montsouris, Orly), et les échéances au-delà de J+2 restent soumises à révision. La vigilance officielle de Météo-France et la classification formelle en canicule (dépassement conjoint des seuils biométéorologiques du jour et de la nuit trois jours durant — de l'ordre de 31 °C le jour, 21 °C la nuit pour Paris) n'ont pu être consultées automatiquement (API sur clé) : l'épisode est ici décrit comme caniculaire par son intensité (pic à +12 °C, nuit à 22,3 °C) et son appartenance à la quatrième vague, la validation administrative restant à confirmer.
Normales et rang historique. Normales climatiques 1991-2020 de juillet à Paris-Montsouris (© Météo-France) : Tmax 25,7 °C, Tmin 16,2 °C. L'anomalie du jour est l'écart de la prévision à cette normale mensuelle (+12,0 °C). La climatologie du 29 juillet (Tmax moyenne 25,2 °C ; maximum antérieur 32,0 °C en 2002) est calculée sur la réanalyse ERA5 (1991-2025, ~0,25°) au point de Paris, via l'archive Open-Meteo. Attention à la couture : la prévision (modèle Open-Meteo) et la climatologie (ERA5) ne sont pas le même produit ; les écarts au nuage historique sont indicatifs, non comparables au dixième de degré près. Le record absolu cité (42,6 °C, 25 juillet 2019) est celui de la station Montsouris. « Record » s'entend ici pour la date.
Carte régionale. Le champ de température maximale du 29 juillet sur
l'Île-de-France est interpolé (isothermes) à partir des sorties du même modèle
Open-Meteo en 22 communes réparties sur toute la région (des points de la
grande couronne — Vexin, Brie, Gâtinais — aux communes du cœur dense) ; à ~11 km
de résolution, il restitue le dôme advectif et son maximum au sud, mais ne résout
pas la rue. Les minimales nocturnes citées (îlot de chaleur, couloir de la Seine)
proviennent du même jeu ; les magnitudes de l'îlot parisien (+4 à +8 °C les nuits
claires et calmes) sont celles documentées par Météo-France et l'APUR.
Les trois graphiques sont régénérables depuis leurs générateurs et jeux de données
(design-system/charts/_generator/, dossier data/meteo-du-jour-2026-07-29/).