Après le pic record de la veille — 37,5 °C le 3 août —, la chaleur diurne reflue ce 4 août 2026 sur Paris et Ivry-sur-Seine : la maximale retombe à 31,9 °C à Paris et 31,8 °C à Ivry, vers 17-18 heures. Mais le fait du jour est nocturne. La nuit du 3 au 4 n'est pas descendue sous 23,3 °C à Paris — une nuit tropicale que la réanalyse n'avait jamais observée à cette date. En trente ans (1991-2020), aucun 4 août n'y avait connu de nuit tropicale, le plancher le plus chaud plafonnant à 19,4 °C ; cette nuit le dépasse de près de quatre degrés. Le jour recule, la nuit établit un record.

L'épisode : le jour recule, la nuit tient

La journée rompt avec le sommet de la veille : la maximale ne dépasse plus 31,9 °C, contre 37,5 °C lundi — près de six degrés cédés en vingt-quatre heures. L'air, chargé d'humidité au petit matin (73 %), s'assèche jusqu'à 28 % l'après-midi ; l'indice UV culmine à 6,7 vers 15 heures. La nuit, elle, ne lâche rien : la température ne descend qu'à 23,3 °C vers 7 heures, plus de trois degrés au-dessus du seuil des 20 °C qui sépare une nuit ordinaire d'une nuit tropicale. C'est le contraste du jour — un après-midi redevenu supportable, une nuit qui reste étouffante.

Profil horaire prévu à Paris le 4 août 2026 : la nuit ne descend pas sous 23,3 °C, le seuil des 20 °C jamais approché, puis la température culmine à 31,9 °C vers 17 heures, en net repli sur le pic record de la veille

La comparaison historique : une nuit record, un jour encore trop chaud

Une valeur ne dit rien seule. Les 31,9 °C de l'après-midi restent +6,5 °C au-dessus de la normale du 4 août (ERA5 1991-2020 : 25,4 °C) et au-dessus de la bande des années les plus chaudes : la journée n'est pas encore rentrée dans son enveloppe climatique. Mais c'est la nuit qui écrit l'histoire. Sa minimale de 23,3 °C excède la normale nocturne (15,5 °C) de près de huit degrés et dépasse le maximum qu'ERA5 a relevé à cette date sur trente ans (19,4 °C) : aucun de ces trente 4-août n'avait franchi le seuil tropical. La suite apporte le répit — la nuit suivante reste tropicale de justesse (20,1 °C), puis la fraîcheur revient jeudi (15,8 °C).

Températures maximales à Paris du 15 juillet au 8 août 2026 sur l'enveloppe climatologique 1991-2020 : après le record du 3 août, la maximale reflue le 4 août à 31,9 °C mais reste au-dessus de la normale, avant de rejoindre l'enveloppe en fin de semaine

Le mécanisme : la ville garde la nuit la chaleur du jour

Pourquoi cette nuit sans fraîcheur, là où les habitants sont le plus nombreux ? C'est l'îlot de chaleur urbain nocturne. Le jour, l'asphalte, la pierre et le béton emmagasinent l'énergie solaire dans une masse minérale profonde ; la nuit, cette chaleur ressort lentement par rayonnement. La campagne stocke moins et se refroidit vite — sols végétalisés qui transpirent, ciel dégagé qui laisse la surface évacuer sa chaleur. La même nuit se joue alors de part et d'autre d'un seuil. Le cœur de l'agglomération et le couloir de la Seine restent au-dessus de 20 °C — Paris 23,4 °C, Ivry-sur-Seine 23,4 °C, La Défense et Saint-Denis 23,1 °C, Créteil 22,9 °C — quand la grande couronne rurale et boisée retombe bien en dessous : Septeuil 16,6 °C, Houdan 17,7 °C, Rambouillet 19,5 °C. Près de sept degrés d'écart en une nuit, sur quelques dizaines de kilomètres : ce n'est pas la latitude qui décide, c'est le sol. Or c'est cette persistance nocturne, plus que le pic de l'après-midi, que les épidémiologistes relient à la surmortalité des canicules : le corps a besoin d'une nuit fraîche pour récupérer, et la ville la lui refuse.

Isothermes de la température minimale de la nuit du 3 au 4 août 2026 en Île-de-France : l'isotherme des 20 °C enferme le cœur de l'agglomération et le couloir de la Seine, restés tropicaux, quand la grande couronne rurale et boisée retombe en dessous

Note méthodologique

Prévision. Valeurs horaires et quotidiennes d'Open-Meteo (modèle « best_match », ≈ 11 km) aux points de Paris (48,86 °N, 2,35 °E) et d'Ivry-sur-Seine (48,81 °N, 2,38 °E), extraites le 4 août 2026 au matin. Une prévision est un modèle, pas une mesure : les valeurs peuvent s'écarter de quelques dixièmes des relevés Météo-France (Paris-Montsouris, Orly). La vigilance de Météo-France n'a pu être consultée automatiquement (API sur clé).

Normales et rang. La climatologie du 4 août à Paris — normale Tmax 25,4 °C, normale Tmin 15,5 °C, maximum de Tmin 19,4 °C, zéro nuit tropicale sur les trente années — est calculée sur la réanalyse ERA5 (1991-2020, ~0,25°) via l'archive Open-Meteo, qui fournit aussi la série 2026 observée jusqu'au 2 août. Prévision (Open-Meteo) et climatologie (ERA5) sont deux produits distincts : l'écart au nuage historique est indicatif, et « record » s'entend pour la date, non en absolu. L'archive ERA5 accusant quelques jours de retard, le 3 août figure encore en prévision (couture au 2 août).

Carte régionale. Le champ de minimale de la nuit du 3 au 4 est interpolé en isothermes (spline plaque mince, exacte aux points, bornage local contre l'extrapolation) à partir du même modèle en 29 points — 15 communes nommées et 14 points de soutien répartis sur toute la région (Vexin, Brie, Gâtinais, sud de la Seine-et-Marne) pour ne pas extrapoler dans les angles vides, tous du même tirage. À ~11 km, le champ restitue la forme de la nuit tropicale, pas la valeur d'une rue. Les trois visuels sont régénérables depuis leurs générateurs et jeux de données (dossiers data/meteo-du-jour-2026-08-04/).