À Paris et à Ivry-sur-Seine, ce lundi 10 août 2026 vise 32,3 °C l'après-midi, pour une maximale normale de 24,9 °C à cette date, soit près de sept degrés et demi au-dessus de l'ordinaire. La nuit précédente n'est pas descendue plus bas que 20,9 °C, une nuit tropicale au sens strict, celui d'une minimale qui reste au moins à 20 °C, et environ cinq degrés et demi au-dessus de la normale nocturne de 15,3 °C. La France traverse sa cinquième vague de chaleur de l'été, avec vingt-deux départements en vigilance orange canicule.
La température franchit 25 °C vers 11 heures, 30 °C vers 15 heures, et culmine à 32,3 °C en fin d'après-midi. L'air est remarquablement sec, avec une humidité relative qui tombe à 29 % en milieu d'après-midi, si bien que le ressenti colle à la valeur affichée plutôt que de l'aggraver. Le vent reste faible, de 5 à 12 km/h, sans brasser la masse d'air. L'indice UV atteint 6, niveau élevé, en début d'après-midi. Le soleil se lève à 6 h 36 et se couche à 21 h 15, laissant près de quinze heures au rayonnement pour chauffer.
Cette maximale n'a rien d'un record. Un 10 août a déjà atteint 36,5 °C à ce point de mesure en 2003, et le maximum des dix premiers jours d'août y culmine à 38,1 °C, le 12 août 2003. L'excédent, lui, ne retombe jamais. Du réveil au coucher, chaque heure passe au-dessus de la normale, de +3,9 °C au creux de la fin de matinée à près de +9 °C en soirée. L'écart se creuse la nuit, quand la chaleur accumulée dans la journée peine à repartir vers le ciel. C'est ce plancher nocturne, plus que le pic de l'après-midi, que la santé publique surveille pendant les nuits tropicales.
Le dôme qui sèche l'air et monte d'un cran chaque jour
Un anticyclone puissant se renforce sur l'Europe centrale et du Nord, dans une configuration de blocage en oméga où les hautes pressions restent quasi immobiles plusieurs jours. Sous ce dôme, l'air des couches moyennes descend lentement, un mouvement que les météorologues nomment subsidence. En descendant, il se comprime et se réchauffe, et son humidité relative chute, ce qui donne l'air à 29 % et le ciel sans nuage de l'après-midi. Le même dôme repousse les perturbations océaniques et fixe un temps stable.
Sous un ciel clair et un vent faible, le soleil d'août chauffe une couche d'air presque immobile. La nuit, trop courte, n'évacue qu'une part de cette chaleur, si bien que la température de départ du lendemain est déjà plus haute. La maximale monte ainsi marche après marche. La prévision place le sommet de l'épisode vers le jeudi 13 août, avec près de 39 °C attendus à Paris. Ce lundi à 32 °C est une étape de cette cinquième vague, pas son apogée.
La géographie de la chaleur se lit d'abord à l'échelle régionale. Sous le dôme, la maximale remplit l'Île-de-France de façon assez uniforme, entre 31 et 33 °C de la Brie au Vexin. Le relief thermique local ne se dessine qu'à la nuit tombée, lorsque l'îlot de chaleur urbain retient au centre de l'agglomération ce que la campagne boisée relâche vers le ciel.
Note méthodologique. Point de référence : Paris / Ivry-sur-Seine (48,81 N, 2,39 E). Prévisions horaires et journalières (température, humidité, vent, indice UV) issues du modèle Open-Meteo (best_match, ~11 km), tirage du 10 août 2026 au matin. Normales et plage habituelle reconstruites à partir de la réanalyse ERA5 au même point (archive Open-Meteo) : moyenne et 10ᵉ-90ᵉ centiles horaires sur la fenêtre 4 au 14 août, années 2005-2020 pour la courbe et les barres d'anomalie ; moyennes 1991-2020 pour les normales de la date (24,9 °C le jour, 15,3 °C la nuit) et pour les maxima (36,5 °C un 10 août, atteint en 2003 ; 38,1 °C le 12 août 2003). La carte est un champ de température interpolé par spline à partir d'une vingtaine de points de modèle répartis sur l'Île-de-France ; elle restitue la géographie de la chaleur, pas la valeur exacte d'une rue. Réserves : une prévision est une sortie de modèle et non une observation ; ERA5 est une grille (~9 à 30 km) et non la station Paris-Montsouris, ce qui peut décaler les normales de quelques dixièmes de degré. La vigilance canicule est mise à jour deux fois par jour par Météo-France.