Le thermomètre a lâché du lest. À Paris, la maximale est retombée à 25,4 °C le 20 août, puis à 23-25 °C jusqu'au 23, après un pic de 38,9 °C le 14. Météo-France a levé la vigilance orange « canicule » sur l'ensemble des départements, et les nuits sont redevenues respirables, avec des minimales parisiennes à 12-16 °C, sous la normale.

Ce répit ramène la maximale sur sa valeur de saison. La normale 1991-2020 d'une fin août à Paris tourne autour de 23,5 °C, en baisse régulière à mesure que les jours raccourcissent.

Mais la trêve ne vaut pas fin de l'été. La prévision émise le 20 août fait déjà remonter les maximales du 24 au 27 : 34,9 °C à Bordeaux, 33,3 °C à Paris le 26, 33,0 °C à Lyon, autour de 32,5 °C à Toulouse et à Strasbourg. La façade atlantique et le Nord restent plus modérés (Nantes 26,4 °C, Lille 25,8 °C), et la brise de mer tient Marseille quasi stable. Une bascule plus franche suit : 20,1 °C à Paris le 28 août, sous le 10ᵉ centile climatologique, avec des maximales qui restent sous la normale jusqu'au début septembre.

Température maximale journalière à Paris du 10 août au 4 septembre 2026, sur la bande climatologique 1991-2020 : après le pic de 38,9 °C le 14 août, la courbe revient sur la normale du 20 au 23 août, rebondit à 33,3 °C le 26 août, puis bascule à 20,1 °C le 28 et reste sous la normale jusqu'en septembre.

Une bascule de flux

Le moteur du changement, c'est la fin de la récurrence anticyclonique installée sur l'Europe de l'Ouest depuis la fin mai. L'anticyclone qui bloquait l'air chaud cède à un flux d'ouest océanique : une descente d'air plus frais gagne la France par le nord-ouest et repousse la chaleur vers l'Europe orientale. La rencontre entre l'air chaud résiduel et la fraîcheur atlantique alimente un conflit de masses d'air, avec un risque d'orages parfois violents.

Le rebond du 24 au 27 août ne signe pas le retour de l'anticyclone. C'est une brève remontée d'air chaud par le sud, en avant d'un thalweg — un creux d'altitude — qui traverse ensuite le pays et fait chuter les températures. Cette dérive du courant-jet, ondulant entre langues d'air chaud et gouttes froides, est la signature de l'été 2026.

Diagramme en haltères par ville : température maximale au creux du répit (21-23 août) et au pic du rebond (24-27 août) 2026, comparées à la normale 1991-2020. Le répit ramène les villes sur ou sous leur normale ; le rebond ajoute 8 à 10 °C au sud et à l'est (Bordeaux 34,9 °C, Paris 33,3 °C, Lyon 33,0 °C), reste modéré sur la façade atlantique et au Nord, et laisse Marseille quasi stable.

L'échéance de septembre, elle, reste incertaine. Les tendances saisonnières de Copernicus et du CEPMMT placent le trimestre août-septembre-octobre au-dessus des normales sur la France, sans y localiser de nouvelle vague de chaleur. La prévision déterministe ne porte qu'à une dizaine de jours : elle voit le rebond de fin août, pas ce qui viendra après.

Note méthodologique
  • Relevés et prévisions : modèle Open-Meteo best_match (maille ~11 km), tirage du 20 août 2026. Relevés du 10 au 19 août, prévisions du 20 août au 4 septembre. Documentation.
  • Normales 1991-2020 : réanalyse ERA5 au point de chaque ville via l'archive Open-Meteo (moyenne et centiles 10/90 des Tmax) ; fenêtre glissante ±2 jours pour Paris, fenêtre 22-30 août pour les villes. Archive.
  • Tendances saisonnières : services Copernicus C3S et CEPMMT (prévisions saisonnières, probabilistes et qualitatives).
  • Réserves : la prévision et le relevé (~11 km) et la normale ERA5 (plus lissée) ne sont pas à la même résolution ; au-delà d'environ sept jours, la prévision déterministe devient une tendance, non une échéance datée fiable. Les « creux » et « pics » par ville sont les extrêmes d'une fenêtre de trois à quatre jours, pas des valeurs d'un jour fixe.