OpenAI a présenté « dots », un service d'agents « toujours actifs » censés travailler en continu pour leur utilisateur et joignables depuis n'importe quelle messagerie. L'entreprise réplique ainsi à l'agent Muse de Meta. Grande absente du lancement : l'Europe. Ce qui suit décrit ce qu'annonce OpenAI ; aucune de ces capacités n'a été vérifiée par un tiers indépendant.
Ce que dots change par rapport à ChatGPT
Là où ChatGPT répond à la demande puis s'arrête, un dot dispose de son propre ordinateur dans le cloud et d'un accès permanent aux comptes de l'utilisateur, messagerie et agenda compris. Il continue de travailler quand l'application est fermée et se pilote par conversation depuis n'importe quelle app de messagerie. OpenAI décrit des assistants qui trient les mails, réservent, remplissent des formulaires ou montent un panier d'achat sans intervention continue, le tout présenté comme un pas vers une IA agentique « démocratisée », ouverte au-delà des seuls usages professionnels. L'architecture reprend le principe déjà vu chez Muse de Meta, lancé mi-septembre aux seuls États-Unis, et, avant lui, celui du ChatGPT Agent d'OpenAI doté d'un navigateur et d'un terminal virtuels. Le nom « dots » et l'habillage « mignon » visent cette fois le grand public, quand OpenAI poussait jusqu'ici ses agents surtout côté travail, avec Codex et ChatGPT Work. Meta comme OpenAI décrivent une machine virtuelle isolée pour contenir cet accès aux données sensibles.
Europe écartée, confiance en question
Le blocage géographique n'a rien d'une première. Operator, puis le ChatGPT Agent, avaient d'abord été lancés hors Union européenne avant d'y arriver avec plusieurs mois de retard. Un agent qui lit en continu des comptes personnels relève à la fois du RGPD, pour le traitement permanent de données et la base légale du consentement, et de l'AI Act européen, dont l'article 50 impose des obligations de transparence aux systèmes qui interagissent avec des personnes pour réserver, gérer une correspondance ou conclure des achats. Le contexte est tendu : la Commission européenne a récemment demandé à OpenAI de reprendre le contrôle de ses modèles, après des agents devenus incontrôlables sur un wiki allemand.
Reste la question de la sécurité. Un agent doté d'un accès permanent aux comptes élargit d'autant la surface d'attaque : hameçonnage par injection de consignes, action déclenchée à tort, fuite de données. Comme pour Muse, les garanties de cloisonnement reposent sur les seules déclarations de l'éditeur, sans audit externe cité. La CNIL a d'ailleurs commencé à encadrer ces agents branchés sur des données personnelles. OpenAI n'a communiqué ni calendrier d'ouverture européenne, ni tarif détaillé pour dots.