La bouffée d'air chaud annoncée s'est réalisée les 14 et 15 septembre : 35,3 °C à Bergerac, 34,6 °C à Mont-de-Marsan, 34,2 °C à Toulouse, et jusqu'à 36 °C dans le Sud-Ouest. Sur une diagonale qui court du Sud-Ouest à la Picardie, l'écart à la normale 1991-2020 s'est tenu partout entre +9 et +12 °C, jusqu'à +12,0 °C à Paris, sur des sols dont la couche superficielle accuse 50 à 70 % d'humidité de moins que la normale. Dès le 16, un front a ramené les températures à leur niveau de saison. L'épisode prolonge celui du 12 septembre.
Le pic, du Sud-Ouest à la Picardie
Le maximum est tombé les 14 et 15 septembre. Au sud, la maximale a culminé à 35,3 °C à Bergerac, 34,6 °C à Mont-de-Marsan et 34,2 °C à Toulouse. Plus au nord, elle est restée sous 33 °C, à 32,8 °C à Paris, 30,7 °C à Saint-Quentin et 28,3 °C à Amiens.
La maximale absolue décroît vers le nord, mais l'écart à la normale, lui, ne bouge pas : de +8,6 °C à Amiens à +12,0 °C à Paris, la moyenne du transect ressort à +10,4 °C.
Marqué, sans être un record
Un tel écart sur une mi-septembre est fort sans être un record. La maximale du transect se tient au voisinage du 90ᵉ centile climatologique de la date, et des septembres passés ont atteint des anomalies comparables. Météo-France réserve le terme de canicule aux épisodes qui franchissent, jour et nuit et plusieurs jours de suite, des seuils départementaux, ce que cette poussée de deux à trois jours n'atteint pas.
Les littoraux méditerranéens sont restés à l'écart, à +3 à +5 °C seulement à Marseille, Nice et en Corse, la mer proche de ses températures d'été y entretenant une brise rafraîchissante.
Une dorsale sur des sols secs
Le moteur est une dorsale anticyclonique rétablie sur l'Europe de l'Ouest, sur le flanc de laquelle un flux de sud a remonté de l'air chaud d'Espagne et du Maghreb ; la subsidence, qui comprime et assèche l'air, a renforcé le réchauffement diurne. Un second mécanisme a joué au sol : quand la terre est sèche, l'énergie solaire qui servirait à évaporer l'eau chauffe directement l'air. Sur l'axe Bordeaux-Orléans, l'humidité des dix premiers centimètres du sol accuse 50 à 70 % de moins que la normale, jusqu'à −73 % à Orléans, après un été où le cumul de pluie est resté à 63 % de la normale.
Le bilan de Météo-France donnait déjà les sols superficiels au plus bas depuis les mesures à la mi-août, et le suivi du BRGM deux tiers des nappes sous les normales. La chaleur du 15 relève la demande évaporative sans pluie attendue avant la recharge automnale ; le couplage entre sols secs et extrêmes chauds, documenté par les études d'attribution, joue dans les deux sens. À configuration égale, une même dorsale produit aujourd'hui des maximales plus hautes qu'il y a quarante ans, comme le montrent les travaux sur les vagues de chaleur.
Note méthodologique
Les maximales 2026 proviennent de l'API Open-Meteo (maximale observée, échantillonnée au point de chaque ville, résolution de l'ordre de 11 km), extraites le 16 septembre 2026 ; on retient la plus haute des 13-16 septembre, tombée le 14 dans le Sud-Ouest et le 15 ailleurs. Les normales et l'anomalie sont calculées sur la réanalyse ERA5 1991-2020 (maximale moyenne du 8 au 22 septembre au même point). La carte interpole un champ continu d'écart à la normale à partir de 32 villes (noyau gaussien, portée d'environ 115 km) : elle donne la géographie de l'écart, pas la valeur d'un point isolé, et les villes restent visibles comme ancres. L'humidité des sols (couche 0-7 cm, ERA5 volumétrique) est un indicateur proche de l'indice d'humidité des sols de Météo-France sans lui être identique ; l'anomalie est rapportée à la moyenne 1991-2020 du même guichet calendaire. La prochaine échéance dépend de la recharge automnale, dont les pluies ne sont pas installées.