L'enquête PISA 2025, publiée par l'OCDE le 8 septembre 2026, contient le premier tableau statistique mesurant l'usage scolaire de l'IA générative par les élèves de 15 ans. Ceux qui n'utilisent jamais les chatbots pour leurs devoirs y devancent ceux qui s'en servent tous les jours.

Le chiffre que retient l'OCDE

En sciences, les élèves déclarant ne jamais ou presque jamais recourir à l'IA pour rédiger un devoir obtiennent en moyenne 509 points ; ceux qui l'utilisent quotidiennement plafonnent à 481, selon les données rapportées par l'OCDE. L'écart de 28 points équivaut à environ une année et demie de scolarité. L'usage reste minoritaire : 14 % des élèves disent ne jamais s'en servir, moins de 20 % l'emploient presque tous les jours, avec de forts contrastes nationaux (près de 40 % au Japon contre 4 % au Vietnam).

La corrélation ne condamne pas l'outil. Parmi les utilisateurs quotidiens, ceux à qui l'on a appris à vérifier et à évaluer les réponses générées gagnent 13 points sur ceux laissés seuls devant leur chatbot. Les élèves d'un usage modéré, une à deux fois par semaine, devancent à la fois les usagers rares et les usagers quotidiens. Pour l'OCDE, l'IA doit servir d'échafaudage, pas de béquille.

La distraction, y compris celle des voisins

Le numérique pèse aussi hors des devoirs. Plus d'un élève sur quatre déclare que ses camarades sont distraits par leurs appareils à presque chaque cours de sciences. Cette distraction déteint : les élèves entourés de voisins happés par un écran obtiennent de moins bons scores, se disent moins engagés et ressentent un plus faible sentiment d'appartenance à leur établissement. Numerama parle de « distraction passive », celle qu'un élève subit sans toucher lui-même à un écran. En parallèle, la part d'élèves pratiquant la lecture hâtive, qui parcourent un texte sans le traiter, atteint 9 % et a presque doublé depuis 2018.

Ces mesures arrivent au moment où les scores plongent. Les moyennes OCDE en lecture et en mathématiques tombent à leur plus bas niveau jamais enregistré, avec un recul de 28 points en lecture et de 22 points en mathématiques entre 2015 et 2025. La France suit la même pente, que détaille notre article sur le décrochage en maths. Le numérique n'est qu'une pièce d'un dossier scolaire plus large, de la refonte des examens face à l'IA à ses effets sur la santé mentale. Sur ce volet, PISA reste déclarative : les élèves rapportent eux-mêmes leur usage de l'IA et la distraction de leurs camarades, un indicateur que l'OCDE mesure pour la première fois.

Sources