Le ministre du Travail Jean-Pierre Farandou a présenté, le 22 septembre 2026, « Impulsion IA 2027 », un plan de 12 mesures doté de 80 millions d'euros de financements nouveaux pour préparer entreprises et salariés aux mutations de l'intelligence artificielle (Moneyvox, France 24 / AFP). Décliné du plan « Osez l'IA » lancé à l'été 2025 et bâti autour de trois axes — impulser, anticiper, dialoguer —, il vise à acculturer ou former près de 30 millions de personnes, avec une entrée en vigueur au 1er janvier 2027.
Un plan de rattrapage
Le ministère part d'un constat de retard : 18 % des entreprises françaises ont utilisé au moins une technologie d'IA en 2025, deux fois moins que dans les pays européens les plus avancés, les PME adoptant nettement moins que les grands groupes (Moneyvox). Côté emploi, la dépêche AFP cite une étude Coface d'avril 2026 selon laquelle un poste sur six, soit environ 5 millions d'emplois en France, serait automatisable d'ici trois à quatre ans (France 24 / AFP). Le plan cible le fossé de compétences en IA que documentent les études sur le travail. « Sans action déterminée de notre part, l'IA façonnera un monde qui ne sera pas forcément ce que nous voulons », a déclaré Jean-Pierre Farandou. L'enveloppe reste modeste au regard des 2,5 milliards d'euros d'économies que le ministère doit dégager dans le budget 2027, un contexte qui a orienté le choix vers les mesures au meilleur retour sur investissement.
Ce que finance l'enveloppe
La moitié des mesures portent sur la formation. Une plateforme gratuite et sans prérequis, Explore IA, développée par la start-up d'État Pix, permettra à chacun de tester ses connaissances et de suivre des parcours. Une plateforme dédiée équipera les centres de formation des apprentis (CFA), qui recevront des soutiens financiers renforcés pour les compétences jugées stratégiques (développement IA, cybersécurité), adossés à un fonds national inscrit au projet de loi de finances 2027 (Moneyvox). La réforme du compte personnel de formation (CPF) érige l'IA en priorité nationale, avec des cofinancements destinés à réduire le reste à charge et une certification nationale éligible au CPF (HelloWorkplace).
Les demandeurs d'emploi inscrits à France Travail passeront un test de « maturité IA » suivi d'un parcours personnalisé. Côté entreprises, le dispositif « Impulsion IA RH » accompagnera les TPE-PME, avec des pilotes dès janvier 2027 et un déploiement plus large en mai 2027 ; les task forces de France Travail diffuseront un kit « Recrut'IA » couvrant le cycle de recrutement (HelloWorkplace). Le volet « dialoguer » s'appuie sur les branches professionnelles, des accords sectoriels (EDEC), un guide de la Cnil et un observatoire de l'impact de l'IA rattaché à la Dares (ministère du Travail).
Le volet secteur privé prolonge le plan IA déjà engagé pour la fonction publique. Les 12 mesures doivent entrer en vigueur au 1er janvier 2027.