En Loire-Atlantique, des producteurs de pommes chiffrent auprès de France 3 leurs pertes autour de 30 % pour la récolte 2026, après des canicules à répétition. « Le fruit est brûlé, il ne grossit plus », résume l'un d'eux. Le constat dépasse le département. Au niveau national, l'Association nationale pommes poires (ANPP) anticipe une récolte en recul d'au moins 25 % par rapport à 2025, selon Réussir.

Le fruit reste petit ou tombe

Le mécanisme est physiologique. Sous chaleur intense, le pommier ferme ses stomates, la photosynthèse ralentit, le fruit cesse de grossir et reste sous le calibre commercialisable. Quand l'exposition est trop forte, la peau se marque de brûlures, et une partie de la récolte ne finira qu'en jus. Pour sauver les arbres, certains vergers ont déjà lâché 10 à 15 % de leurs fruits avant l'heure.

« Avec les canicules qu'on a subies, les arbres sont en stress hydrique, la pomme ne grossit plus », décrit le producteur Christophe Tellier, cité par l'AFP. « Pour faire grossir un fruit, il faut une hygrométrie de 80 %. On est loin d'y être. » L'irrigation ne compense pas partout : quand les nappes baissent, le débit des forages suit. À l'échelle du continent, l'Europe attend l'une de ses plus faibles récoltes de la décennie, autour de 9,5 millions de tonnes.

Un été de records, un débat sur l'eau

Le contexte est celui d'une sécheresse des sols que Météo-France classe au plus bas depuis le début des mesures. Au 1er août, 60 % des points de suivi des nappes du BRGM affichaient un niveau inférieur aux normales, et les restrictions d'eau couvraient 94 % de la population métropolitaine. Les arboriculteurs, dont les arbres réclament plusieurs milliers de mètres cubes d'eau par hectare et par an, demandent à pouvoir capter davantage les excédents pluvieux de l'hiver pour les restituer l'été, la protection contre le gel au printemps comprise.

Cette revendication nourrit un affrontement politique. La loi d'urgence agricole votée cet été assouplit la construction de retenues et vise un doublement des volumes de stockage d'ici 2035. Ses opposants, dont la ministre de la Transition écologique Monique Barbut, y voient un risque pour le partage de la ressource et pour l'eau potable. Le même texte réintroduit par dérogation l'acétamipride, un insecticide néonicotinoïde interdit, pour quatre filières dont la pomme, autre motif de contestation.

La cueillette des Gala a commencé avec deux à trois semaines d'avance dans certains vergers, mais les fruits restent souvent trop petits pour la vente. Les variétés de conservation, Pink Lady comprise, se récoltent jusqu'en novembre, quand sera connue l'ampleur exacte du manque.