Lundi 14 septembre 2026, au All-In Summit de Los Angeles, Jensen Huang, PDG de Nvidia, a reçu un appel en direct de Donald Trump pendant son intervention. Le dirigeant a mis le président sur haut-parleur devant des milliers de spectateurs, et Trump a écarté d'un mot les inquiétudes sur l'intelligence artificielle : « The whole thing is a hoax. »

Trump : les robots et le ralentissement, « un canular »

Devant la salle, le président a répété que les scénarios catastrophes autour de l'IA n'étaient pas fondés : « The robots will not be taking over. The AI will not be taking over the rest of the world. The whole thing is a hoax ». Il a aussi visé l'opposition à la construction de data centers, qu'il attribue à des motivations politiques, voire étrangères : « It could be political people. It could also be China », a-t-il dit, avant d'assurer que les États-Unis ne laisseraient pas la course ralentir. Huang a acquiescé : « You're right. We're not going to let that happen, sir. »

L'appel tombe dans un climat de débat sur la vitesse de développement de l'IA. Le patron d'Anthropic, Dario Amodei, plaide pour la prudence, une ligne relayée par Elon Musk et Sam Altman. Huang, lui, s'y oppose et conteste la base des alertes sur la sûreté, jugeant que la prédiction scientifique invoquée n'est « pas ancrée dans la science ». La résistance aux centres de données est bien documentée. Selon un sondage Gallup cité par les organisateurs, environ 70 % des Américains s'opposent à leur installation près de chez eux, surtout pour des raisons environnementales.

Nvidia sous le regard de la « bulle »

Ce soutien politique arrive alors que la valorisation de Nvidia et le rythme des dépenses d'IA nourrissent la crainte d'une bulle. Huang balaie l'hypothèse et maintient ses estimations. Les investissements dans les infrastructures d'IA atteindraient selon lui 3 000 à 4 000 milliards de dollars d'ici 2030, dont 550 à 600 milliards dès 2026. Il répète que le déploiement de l'IA en est encore à ses débuts.

L'argumentaire s'appuie sur la position dominante de Nvidia, qui concentre encore plus de 90 % des accélérateurs de data center, un verrou d'abord logiciel, comme le détaille notre article sur la domination des GPU Nvidia. L'humeur des marchés reste fébrile. La semaine de l'appel, les indices américains ont connu l'une de leurs pires séquences depuis mars, les investisseurs vendant dans la hausse.

Nvidia fixe à 2030 l'horizon de ses projections de dépenses, sans garantie que la demande suivra ce rythme.